Je m’en confesse, je suis lunatique. Parfois, je manque carrément d’attention et j’ai des comportements loufoques. Laissez-moi vous raconter ma dernière mésaventure…
La semaine dernière, je donne une formation à une nouvelle AlphaÉquipe et, à la mi-formation, nous prenons une pause. Durant cette pause, un des nouveaux AlphaCollègues me demande s’il y a un endroit où il peut griller une cigarette et je lui indique la cour où j’allais moi-même fumer l’été dernier car j’étais encore fumeuse à cette époque !
L’immeuble où Alphakid a élu domicile est muni d’une jolie cour semi-intérieure (murée par l’immeuble sur trois cotés et clôturée sur le quatrième). Bien entendu, le côté clôturé ne donne pas accès à la rue, il est barré. La clôture monte très haut et de gentils pics imitant le barbelé trônent au sommet de celle-ci.
Comme il fait beau, je décide de l’accompagner, un peu d’air me fera le plus grand bien. Nous sortons et ne portons aucune attention à la porte qui se referme derrière nous. Nous discutons peinards quand mon regard bifurque vers la porte. « Serait-ce une porte sans poignée ? »
Mon cerveau se met en marche. « Non, ça ne peut pas être une porte sans poignée car ça n’existe pas, il doit y avoir un dispositif d’ouverture ! » « D’ailleurs je suis sortie à maintes reprises l’été dernier et toujours je suis rentrée. » « Pourquoi diable n’ai-je aucun souvenir de cette foutue poignée de porte ? »
Mon interlocuteur, qui monologue depuis que mon cerveau s’est mis en branle, remarque que je ne l’écoute plus du tout. Il se tait, m’interroge du regard et c’est là que ça me revient ! (Il faut croire que mon cerveau fonctionne mieux quand personne ne parle.) « Je n’ai aucun souvenir de cette porte car c’est la première fois que je la vois fermée. » Habituellement, elle est retenue ouverte du matin au soir par ce gros bloque de béton qui me regarde d’un air narquois.
« Nonnnnnn ! » Je suis prise à l’extérieur tout en étant supposée diriger les opérations à l’intérieur ! Je n’ai pas mon cellulaire et même si je cogne à la porte à m’en faire des ampoules, personne ne m’entendra ! Je n’ai d’autre choix que d’en faire l’aveu à l’AlphaCollègue qui se demande toujours pourquoi j’ai l’air bizarre et soucieux.
[Si je pouvais, j’insérerais ici la musique qui vous indiquerait que la tension est à son paroxysme!]
J’ai une idée ! « Je sauterai la clôture ! » Hum, à peine grimpée, je me rends compte que le talon haut n’est pas la meilleure chaussure à adopter pour ce genre d’activités. J’enlève mes chaussures et tente d’escalader la clôture pieds nus… Autre échec, ça ne marchera pas, trop douloureux. AlphaCollègue qui me regarde et se marre à mes dépens finit par sauter la clôture à ma place et fait le tour jusqu’à l’intérieur pour venir m’ouvrir la porte.
Je me sens ridicule et, pour couronner le tout, il s’est fait bien mal le nouveau collègue : il s’est déchiré la main sur un morceau du barbelé et le sang fuse ! Ouf, c’est vraiment la honte d’ainsi recevoir les nouveaux venus ! Heureusement, j’ai nettoyé sa plaie qui n’est finalement que superficielle et nous avons continué la formation. N’empêche, il y a des jours où je ne suis pas trop fière de moi…
Vous arrive-t-il d’avoir des inattentions aux conséquences désastreuses ?